Depuis de nombreuses années, les autorités se concentrent sur les rejets des véhicules et leur impact environnemental. Pour les poids-lourds, nous parlons de normes Euro, misent en place en 1990 avec la norme ‘Euro 0’ et dernièrement mis à jour en 2014 avec la norme ‘Euro VI’. Pour les véhicules légers, la régulation dépend de la WLTP « Worldwide harmonized Light vehicles Test Procedure » qui visent à réduire considérablement les rejets de CO2 et autres polluants dans l’air que nous respirons. Face à ce changement de cap, les constructeurs doivent s’adapter pour répondre au mieux à la situation.

Les véhicules sont responsables de deux types bien distincts d’émissions dans l’atmosphère : les émissions de gaz à effet de serre (GES) contribuant au dérèglement climatique de la planète et les émissions de gaz nocifs pour la santé. Le transport routier est engagé depuis plusieurs années à réduire ces émissions polluantes et à trouver une approche de développement durable. Ces émissions et les normes qui en découlent varient en fonction de la taille du véhicule. En effet, le gouvernement a mis en place des règles propres aux poids-lourds et d’autres aux véhicules légers.

Les nouvelles normes environnementales et la gestion d’un parc de véhicules

Les normes européennes pour les PL

Depuis le début des années 1970, plusieurs réglementations ont été prises et mise en place pour lutter contre l’impact nocif des camions sur nos routes. Depuis 1990, nous parlons de « Normes Euro ». Ces normes imposent des limites d’émissions d’oxydes d’azote, (NOx), du monoxyde de carbone (CO), des hydrocarbures (HC) et des particules. Par conséquent, les émissions polluantes des véhicules d’un poids total autorisé en charge (PTAC) de plus de 3,5 tonnes sont encadrées par des normes européennes de plus en plus contraignantes, de « Euro 0 » en 1990 à « Euro VI » depuis le 1er janvier 2014. Ainsi, tous les nouveaux véhicules lourds vendus depuis cette date doivent être conformes à la norme Euro VI.

 

 

En 23 ans (entre Euro 0 et Euro VI), les émissions d’oxydes d’azote (NOx) ont été divisé par 36, les émissions d’hydrocarbures (HC) par 18 et les particules par 35. Pour faire face à cette réglementation, les fabricants de poids-lourd ont dû adapté leur production et investir en recherche et développement, ce qui a permis de développer des moteurs plus efficients et de diminuer la consommation moyenne en carburant des véhicules. Ces normes ont donc un double effet positif sur la planète et l’environnement. Les distributeurs et revendeurs de camions se sont quant à eux tournés vers l’export pour vendre les véhicules qui n’étaient plus aux normes. Beaucoup de camions quittent régulièrement l’Europe pour rejoindre les pays de l’Est et l’Afrique où les règles sont beaucoup moins strictes. Chaque région a sa ou ses marque(s) préférée(s). C’est pour cette raison que nous pouvons voir beaucoup de camions de marque Mercedes ou Volvo circuler dans les pays du Maghreb, du Moyen-Orient et d’Afrique. Cette préférence est surtout dû aux conditions météo et aux terrains empruntés (sable, désert).

Les normes européennes pour les VL

Pour les véhicules légers, nous ne parlons pas de normes Euro mais de grammes de CO2 émis par kilomètre. Depuis le 1er mars dernier, le gouvernement français applique la norme WLTP. WLTP est l’acronyme de « Worldwide harmonized Light vehicles Test Procedure ». Ce nouveau dispositif vise à rendre compte, de manière plus précise et plus réaliste, de la consommation et des rejets des voitures particulières (VP) et des véhicules utilitaires légers (VUL). Ce cycle WLTP a une incidence directe sur le barème du malus et sur le portefeuille des français.

La WLTP mesure :

  • la consommation de carburant du véhicule (thermique ou électrique) ;
  • l’autonomie du véhicule électrique ;
  • les rejets de CO2 et autres polluants.

 

La WLTP impose de nouvelles règles aux constructeurs automobiles. Une nouvelle norme impose depuis le 1er janvier aux constructeurs automobiles européens de respecter un plafond de rejet de 95 grammes de CO2 par kilomètre, en moyenne, sur l’ensemble de leur gamme, sous peine de fortes amendes. En mars 2020, une nouvelle règle du bonus-malus calculée sur la base de critères techniques différents à ceux existants aujourd’hui a été mise en place.

Conséquences sur l’industrie de l’automobile et la gestion des parcs de véhicules

Selon les chiffres du Comité des Constructeurs Français d’Automobiles (CCFA), après avoir terminé l’année 2019 avec de très bons résultats, les immatriculations de voitures neuves en France ont diminué de 13.44 % en janvier 2020. Nous pouvons imaginer que les acheteurs avaient anticipé ces règles plus contraignantes et avaient acheté en masse avant que les nouvelles règles ne s’appliquent. De leur côté, les constructeurs avaient multiplié les offres pour écouler leurs stocks avant la date fatidique. C’est cet effet conjugué qui explique à la fois les bonnes ventes de décembre et la baisse de janvier.

De nouveaux objectifs d’ici 2030

Le 27 mars dernier, le Parlement Européen a voté la baisse réglementaire des émissions de CO2 moyennes des voitures et des camionnettes neuves vendues au sein de l’Union Européenne, dont le taux doit entrer en vigueur en 2030. La baisse dont il est question s’élève à 37.5 % de rejets pour les voitures et 31% pour les camionnettes par rapport au taux prévu pour 2021, soit un tiers. Le taux initialement fixé pour les voitures était de 95g/km et sera ramené à 59g/km.

A ce jour, seuls les véhicules électriques affichent des rejets de CO2 inférieurs à 59g/km. Le parlement promet de ne pas favoriser une technologie plutôt qu’une autre pour atteindre cet objectif. Or, une génération de voiture dure environ sept ans et le développement d’un nouveau modèle presque autant. Les constructeurs automobiles se voient donc obligés d’accélérer le développement des véhicules électriques en priorité, et ne peuvent d’atteler à la recherche d’autres solutions (carburants de synthèse hydrogène, méthanol, gaz, etc.).

Un objectif européen ambitieux

Toutes ces normes mondiales et européennes ont un impact direct sur le monde, l’environnement et l’air que nous respirons. En cette période de confinement, nous sommes spectateurs d’une nature reprenant ses droits. Il y a moins de véhicules sur nos routes et seuls les poids lourds transportent des marchandises.